DÉPÊCHE
Du 25 au 27 novembre 2025, une nouvelle vague de violences attribuées à une patrouille conjointe FAMa–Africa Corps a frappé plusieurs localités des cercles de Goundam, Gargando et Bintagoungou. Selon des sources locales concordantes, ces opérations ont laissé derrière elles un lourd bilan humain et matériel, marqué par des exécutions sommaires, des enlèvements et des spoliations.
La journée du 25 novembre a été particulièrement meurtrière.
À Emimalane, un civil a été tué. À Takara, deux autres personnes ont perdu la vie dans des conditions similaires. Les témoignages évoquent des opérations rapides visant des habitations isolées, plongeant les familles dans la panique et les contraignant à fuir sans assistance médicale.
Les violences se sont intensifiées le 26 novembre.
À Taroma, un civil a été abattu et un éleveur emporté prisonnier alors qu’il se trouvait avec son troupeau. À Amarnane, quatre civils auraient été égorgés, puis leurs corps incendiés. À Nijhaltate, quatre personnes ont été tuées : deux hommes – dont un aveugle – et deux femmes, dont une fillette dont les corps demeurent introuvables. Quatre autres femmes ont été blessées, dont deux transférées d’urgence à l’hôpital de Tombouctou.
Les dégâts matériels sont également considérables.
Les marchés de Zouera et Razelma ont été vandalisés, pillés puis incendiés, privant les communautés de leurs points essentiels d’approvisionnement. Dans les localités d’Akambou et d’Ingargouze, des tentes, des hangars, un château d’eau et des zones de pâturage ont été détruits ou sabotés, aggravant une insécurité alimentaire déjà alarmante dans cette partie du Sahel.
Le 27 novembre, les attaques se sont poursuivies.
À Ragalaajoul, plusieurs animaux ont été tués ou emportés, et au moins deux civils auraient été enlevés, dont un berger peulh. Ces enlèvements répétés et les vols de bétail alimentent un climat de terreur qui pousse de nombreuses familles à l’exode.
Kal-Akal condamne fermement ces actes criminels, assimilables à des crimes de guerre au regard du droit international, et appelle la communauté internationale à agir immédiatement pour :
Mettre un terme à l’impunité dont bénéficient les responsables militaires et leurs partenaires étrangers ;
Assurer une protection urgente des populations civiles ciblées ;
Garantir un accès humanitaire immédiat, sécurisé et sans entrave dans toutes les zones affectées.
Kal-Akal réaffirme sa détermination à documenter ces exactions, à défendre les victimes et à poursuivre inlassablement les auteurs de ces crimes jusqu’à ce que justice soit pleinement rendue.
